mercredi 23 janvier 2013

ERREUR DE LA BANQUE EN VOTRE FAVEUR

Source; Premiere.fr

La Bourse ou l’envie


Julien Foucault, maître d’hôtel de la prestigieuse banque d’affaires Berthin-Schwartz, apprend son licenciement après 17 ans de bons et loyaux services. Peu motivé par la quête d'un nouvel emploi, il décide de réaliser son rêve: ouvrir un restaurant. Il propose alors à son ami Etienne, chef cuisinier dans une brasserie, de s'associer à lui. Mais en ce temps de crise financière, les banques, guère prêteuses, se révèlent plus fourmis que cigales. Par une méthode peu orthodoxe mais très efficace, Julien Foucault épie les conversations privées de son patron concernant les meilleurs placements boursiers afin de s’enrichir personnellement.
Malheureusement, ce secret sera rapidement transformé en bouche-à-oreille dans tout un quartier enthousiasmé par ce nouveau messie de la Bourse. C’est alors que les ennuis vont commencer…
Les délits d’initiés, les malversations de cours et les spéculations immobilières deviendront les fers de lance d’une comédie efficace et rafraîchissante en cette période difficile que nous traversons. Un scénario très bien ficelé, des dialogues soigneusement écrits et des acteurs plus que convaincants entraînent  le spectateur dans une pirouette désopilante. Nous ne pouvons éviter le charme irrésistible de Barbara Shulz ainsi que le cynisme redoutable de Philippe Magnan en PDG débordant d’antipathie. Sans oublier le duo Lanvin-Darroussin qui nous permet de croire en ce nouveau dicton: bien mal acquis profite souvent.
Au générique de fin, une réflexion s’impose: la réalité est-elle pire que la fiction décrite en 1h38 minutes? Je pense que oui. A vous d’en juger.

Hervé Gaudin.

INCOGNITO

Source: zoom-cinema.fr

Cache-cash party
Luka (Bénabar), contrôleur à la RATP, n’est guère satisfait de sa condition professionnelle et rêve de mieux dans le monde de la musique qu’il a tutoyé avec son ancien groupe Orly Sud. Son quotidien ne serait pas si pénible si Francis (Franck Dubosc), un artiste raté, collant et pique-assiette, ne jouait pas le rôle du colocataire profiteur depuis dix ans. Un beau jour, en plein rangement, Luka trouve un carnet de chansons  appartenant à son ancien bassiste Thomas (Jocelyn Quivrin) visiblement disparu dans les brumes de Hambourg. Soudain, c’est la révélation. Luka utilise les textes à son profit puis gravit rapidement les échelons de la notoriété avec tous les avantages en prime. Gloire et richesse deviennent les mamelles d’un destin bousculé le jour où Thomas, de passage à Paris, réapparaît par hasard sur un escalator de la Gare du Nord et envisage de passer trois jours avec lui.
C’est alors l’ascenseur pour l’incognito. Pendant trois jours, Luka essaiera de lui cacher son véritable statut de star en jouant une personne lambda. Malgré la complicité de Francis plus maladroit que serviable, les difficultés vont s’enchaîner.
Incognito se range dans la case des comédies populaires sans toutefois déclencher de grands éclats de rire. Certains bons dialogues n’effacent pas le jeu lassant de Franck Dubosc dans son costume usé de bon copain naïf, ganache et casse-pieds. Quand cessera-t-on de nous servir les mêmes plats réchauffés et sans saveur? Un vrai rôle de composition ne suffit pas et j’aimerais goûter au plaisir de le voir interpréter un vrai rôle d’acteur. Le temps de Disco et autres petites annonces est révolu; il faudra bien vous mettre au travail mon cher Dubosc, n’est-ce pas?
Mon indulgence envers Bénabar sera plus mesurée car ses débuts sont encourageants bien que sa voix monocorde ressemble à celle de ses prestations vocales. Pour ma part, il reste simplement interprète.
Enfin, la chaleur du sourire d’Anne Marivin (« Bienvenue chez les ch’tis », « Pur week-end »)  et le charme séduisant de Jocelyn Quivrin (« Notre univers impitoyable », « LOL ») ajoutent à cette comédie honnête une fraîcheur pré-estivale.
Ce film m’a également permis de retrouver Gérard Loussine, le souffre-douleur de Pinot Simple flic trop rarement utilisé au cinéma et à la télévision.
Pour les inconditionnels du rire facile, je les invite à découvrir ce film qui, comme son nom l’indique, restera probablement incognito dans les annales du cinéma.

Hervé Gaudin.

LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE


Source: fan-de-cinema.com
Tombés dans le panneau!


Sous l’œil expert du maître du genre, Wes Craven produit en 2009  le remake de son propre film « la dernière maison sur la gauche » sorti pour la première fois en 1972. La nouvelle affiche très sombre de ce long métrage réalisé par Dennis Iliadis donne l’eau à la bouche. Lointaine cousine d’Amityville, cette maison de vacances située au bord d’un lac n’en demeure pas moins le lieu d’une vengeance implacable; en l’occurrence celle d’un couple qui a recueilli, en toute ignorance, les tortionnaires de leur propre fille chérie. Enlevée par une bande de criminels dotés d’un sens aigu de la perversité et du sadisme sexuel, la jeune Mari Collinwood réussira, saine et sauve, à retrouver ses parents par un miracle que seuls les dieux du frisson connaissent. Découvrant l’horreur de la vérité, l’hospitalité va tourner au vinaigre. Les bourreaux connaîtront les joies de la danse des couteaux aiguisés, du tisonnier agité et autres ustensiles métalliques. Un vieux diction s’y colle parfaitement: parents énervés, hémoglobine assurée!
Comme la plupart des thrillers actuels, je regrette certaines scènes trop rapides ou des mouvements de caméra trop brusques. On ne laisse pas le spectateur jouir d’une ambiance trop vite balayée. L’intrigue perd alors de sa valeur et commence à s’étioler dans la deuxième partie du film. Quelques invraisemblances qui hérissent mon duvet juvénile mènent à une fin tout aussi absurde qu’expéditive. Dites-moi comment peut-on faire fonctionner un micro-ondes en laissant la porte ouverte? J’ai d’autant plus de regrets que l’excellent Garret Dillahunt (« Deadwood », « L’assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford » ou « No country for old men ») en chef de bande abject méritait une mort beaucoup plus subtile et atroce.
La fin ne justifie pas toujours les moyens et suffit à gâcher un film, qui, jusque là tenait encore la route. Une petite route où figure un panneau éloquent dont il fallait se méfier de l’inscription: Lake ends in the road (le lac prend fin ici).
A bon trucideur, salut!

Hervé Gaudin. 

GRAN TORINO


Source; fan-de-cinema.com

Gran Torino, un grand Eastwood.

A l’annonce de la sortie de ce film en 2009, mes yeux pétillaient d’avance. Cette fois encore, ils n’ont pas été déçus. Campant un vieux retraité solitaire et associable retranché dans sa maison d’un quartier populaire de Détroit, Walt Kowalski alias Clint Eastwood, ne vit que pour sa belle Ford Torino qu’il bichonne depuis ses longues années d’usine. Très éloigné des escapades policières de Starsky et Hutch, ce film ne se réduit pas qu’à la carrosserie reluisante de cette superbe automobile mais raconte comment un vétéran de la guerre de Corée traumatisé par un passé douloureux, prendra sous ses ailes un jeune asiatique pris à parti par un gang de jeunes délinquants.
Dès le début, les premiers plans ont un effet immédiat sur le spectateur et le plongent dans son propre univers. Que ce soit pour Million Dollar Baby, Mystic River  ou L’échange, rien n’est laissé au hasard. Tous les personnages, même les plus infimes, sont essentiels et apportent à l’histoire une intensité croissante. En parallèle, la mise en scène est précise, nuancée et percutante nous guidant vers une fin aussi inattendue qu’émouvante. Nul doute que le génie cet acteur-réalisateur est de donner tant d’envergure à un scénario épuré alors que tant d’autres s’entêtent à des effets scéniques pour essayer de colmater les brèches d’intrigues ennuyeuses et indigentes.
Toutefois, certaines ressemblances avec l’inspecteur Harry dont le patriotisme, le sens du devoir et de la justice sont mises en exergue. Le personnage de Kowalski renoue avec le héros de polar à l’ancienne. Plus réfléchi, plus en proie au doute et la gâchette beaucoup plus timide que celle de Callahan.
Que ce soit devant ou derrière la caméra, Monsieur Eastwood nous fait croire aux histoires qu’il raconte. Rien que pour le plaisir des yeux, nous en demandons encore.

Hervé Gaudin.