lundi 4 février 2013

LOOPER




Un beau loopé

Ce film est à la science fiction ce que le pudding anglais est à la pâtisserie: inutile. En 2044, Joe (Joseph Gordon Hewitt), tueur d'un genre nouveau nommé le looper (le boucleur) élimine, pour le compte de la Mafia agissant en 2074, des témoins gênants propulsés dans le passé grâce à une machine à remonter le temps. Plus concrètement, il finit le sale boulot en échange d'une rémunération généreuse en lingots d'argent.
Sa vie monotone de criminel toxicomane l’amène à se retrouver nez à nez avec lui-même (Bruce Willis) âgé de 30 ans de plus et surtout préoccupé par son avenir car un super vilain appelé le maître de pluies veut supprimer tous les loopers. Viennent se greffer les porte-flingues, sbires peu affectueux du chef pas très cool dans son genre.
Mais voilà, on imagine qu'ils feront copain copain mais que nenni: bien décidé à loger une dragée dans la tête du maître de pluies trente ans avant, le vieux Joe veut faire de vieux os. Pas de bol car c’est un petit garçon élevé au grain (de folie) dans une ferme paumée qu’il devra tuer.
Heureusement que sa jolie maman (Emily Blunt) se donnera cœur et âme pour le défendre avec l’aide bienveillante du looper amouraché de la veuve et fermement déterminé à empêcher un meurtre en milieu agricole façon Label rouge sang.
En définitive, Joseph Gordon Lewitt se comporte comme un méchant mais s’avère plutôt sympa. Bruce Willis est un faux gentil pas si méchant. En revanche, le petit garçon est complètement barge voire inquiétant (avec lui à la récré, tu ne partages pas ton goûter). Et les méchants qui gravitent autour sont par contre de vrais salopards.
Dans cette déception de fin d'année, il ne manquait que notre bon vieux Emmett Brown au volant de sa DeLorean prodiguant les bons conseils pour se balader avec allégresse dans le temps et le T1000, prototype dit indestructible bien plus effrayant avec son pistolet laser que nos héros de pacotille avec leur gros fusil en plastique. Même Flash Gordon était mieux outillé.
Looper ressemble à ce genre de films aux fins bâclées qui vous laissent sur votre faim. Le spectateur, bouché bée devant le générique se demande: "- oui, et alors?"
Si M. Night Shyamalan l'avait réalisé, je n'aurais été plus surpris. Certes vous trouverez de l'action, des bonhommes musclés, des coups de feu à foison, des douilles roulant au sol, du tatouage gravé sur l'épaule, un gros bisou avec la langue, des motos volantes ridicules mais du vide autour.
Contrairement à cette supercherie futuriste, Lucas, Scott, Spielberg, Lynch, Gilliam, Aronofsky  et autres cinéastes avisés offrent une SF pure et dure et nous transportent dans des univers improbables de vérité. Quand je regarde "Star Wars", "Blade Runner", "Brazil" ou "Minority Report", j'y crois. Et j'y croirai toujours et encore.
Bref, "c'est une entourloupe vraiment loupée.

Hervé Gaudin.

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